Le secteur

Le transport fluvial : un mode de transport au fort potentiel

 


1/ Des atouts indéniables :

  • Fiable et efficace :

Empruntant le seul réseau de transport non saturé, le transport fluvial garantit en premier lieu une grande fiabilité dans les délais d’acheminement et de livraison.

Il permet d’opérer des déplacements massifs de marchandises. Une seule péniche Freycinet, qui navigue sur les plus petits canaux de France, transporte de 250 à 350 tonnes de marchandises, soit l’équivalent de 10 à 14 camions. Quant aux grands convois, constitués de barges propulsées par un pousseur, qui circulent sur les fleuves et les canaux à grand gabarit, ils peuvent atteindre 5 000 tonnes, soit l’équivalent de 200 camions.

  • Compétitif :

Par ailleurs, le coût de transport par voie d’eau est particulièrement compétitif. Le prix du transport fluvial est 2 à quatre fois moins cher que le routier.

  • Respectueux de l’environnement

Avec une consommation de 1 litre de carburant aux 100 km pour transporter une tonne de marchandises, le transport fluvial est, de loin, le mode de transport le moins polluant (par comparaison, un ensemble tracteur semi-remorque consomme 38% de plus qu’un automoteur Freycinet). Le transport d’une tonne de marchandises par voie d’eau génère en moyenne quatre fois moins de CO2 que par la route.

  • Une bonne résistance à la crise

Parmi les différents modes de transport, le transport fluvial est celui qui a le mieux résisté. En 2014, le fluvial a  su  résister malgré un  contexte  économique global  morose. Avec  une  légère baisse de 2% des tonnes-kilomètres réalisées, le secteur se maintient globalement et voit même se développer de  nouvelles  filières  porteuses. Sur  les  10  dernières  années,  le  transport  fluvial  a progressé  de  plus  de  6 %,  confortant  sa  crédibilité  comme transport alternatif au mode routier*.

 

2/ Des difficultés persistantes sur les infrastructures :

Avec 8 500 kilomètres de voies navigables, la France possède le plus grand réseau navigable en Europe (38 000 km au total). Les voies navigables couvrent un grand quart Nord Est du pays, la Seine, le Rhône, avec une forte ouverture sur l’international (par la Moselle, le Rhin, le canal du Nord). Les premiers canaux remontent au XVIIe siècle (canaux de Briare et du Midi) et, jusqu’au milieu du XIXe siècle, de très nombreux projets sont réalisés. A la fin du XIXe siècle fut lancée, à l’initiative du ministre Charles de Freycinet, une modernisation du réseau : réaménagement des principaux axes existants construction de nouveaux canaux, avec des écluses de 38,50 x 5,20 m, pour un tirant d'eau de 1,80 m et une hauteur libre de 3,70 m sous les ponts. Une deuxième phase de modernisation (mise au gabarit européen) a été lancée dans les années 1950.

A ce jour, la modernisation lancée dans les années 1950 n’a concerné qu’un cinquième de la longueur totale du réseau. Si le territoire français est largement couvert par des voies navigables, l’essentiel des transports ont lieu dans le Bassin de la Seine, dans le Nord-Pas-de-Calais, sur le Rhin, sur la Moselle et sur le Rhône. Sur 8 500 kilomètres, seuls quelque 1 800 kilomètres sont accessibles aux bateaux de grande taille (plus de 1 500 tonnes). La modernisation du réseau reste donc un chantier à mener. Si la France investit dans certains projets de grande ampleur (canal Seine-Nord Europe, mise au gabarit européen de l’Oise entre Compiègne et Creil), par le biais des Voies navigables de France, ces investissements ne suffisent pas à rattraper le retard de la France dans ce domaine comparé à ses voisins européens comme les Pays-Bas, la Belgique ou encore l'Allemagne. Cela reste l’un des grands défis pour les professionnels de la voie d'eau.

 

3/ Le transport de toutes les marchandises :

Le transport fluvial est un mode de transport qui permet de déplacer des marchandises très diverses. Il est particulièrement approprié pour des marchandises lourdes et denses. Sur les voies navigables françaises sont transportées principalement des produits agricoles (céréales, graines oléagineuses), des matériaux de construction (sable, gravats, goudron, …), des produits pétroliers, des combustibles minéraux, des déchets métalliques, des engrais et produits chimiques et des conteneurs.

(source : communiqué de presse de Voies navigables de france - Février 2015).

Parmi les filières porteuses, on soulignera la hausse des produits agricoles (+ 9,4 %). En 2014, cette situation est adossée à l’excellente performance des produits français à la grande exportation avec  un positionnement stratégique de l’offre logistique fluviale sur ce secteur. Au total, ce sont plus de 14 millions de tonnes transportée s au cours de l’année.
Le secteur céréalier représente aujourd’hui le premier client de la voie d’eau en France (31% des t-km)*.

Le  secteur  métallurgique reste sur une  croissance positive (+  10,1%),  principalement portée par le bassin de la Seine (+ 27 %). Il convient de souligner que sur ce secteur, l’activité a doublé depuis 5 ans*.

Le trafic de conteneurs enregistre une hausse sensible de ses volumes (+ 5,2 % à 4,8 Mt et 557.000 EVP)   et   revient   quasiment   à   son   niveau record   de   2012   (4,9   Mt).   Deux   bassins profitent particulièrement de cette conjoncture : le bassin rhodanien (+ 22%) et le Nord-Pas-de-Calais (+ 7,4%)*. Durant ces 15 dernières années le transport de conteneurs s’est largement développé : celui-ci permet de déplacer des marchandises diverses (solides ou liquides) et de limiter le temps de déchargement dans les ports et d’acheminement des marchandises jusqu’à leur destinataire final.

 

4/ Une flotte en pleine évolution :

  • Une flotte variée :

La flotte française est très variée, allant du fameux « Freycinet » (350 tonnes, pouvant naviguer sur quasiment toutes les voies navigables) aux grands convois qui ne peuvent naviguer que sur certaines portions du territoire.

La répartition du nombre de bateaux par taille est la suivante :

(source : rapport d'activité CNBA 2013)

  • Une flotte en mutation :

La flotte française est en pleine évolution. De manière globale, elle diminue en nombre. Pour autant, la taille moyenne des unités augmente. De plus en plus de bateliers investissent dans des bateaux de grande capacité, pour satisfaire les attentes des clients, s’assurer une plus grande rentabilité et bénéficier d’un confort plus élevé lorsque l’habitation est située, comme c’est le cas pour beaucoup de bateliers, sur le bateau.

Ces dernières années, le nombre de bateaux de petite taille (dits « Freycinet », de moins de 400 tonnes) a diminué de manière constante, celui des bateaux de taille intermédiaire (dits « Campinois », entre 650 et 999 tonnes) est resté stable, et celui des plus grands bateaux (plus de 1 000 tonnes) s’est accru.

Pour autant, cette tendance ne doit pas masquer le fait que les plus grands bateaux (plus de 1 500 tonnes) ne peuvent se déplacer que sur 20% du réseau navigable français. Les bateaux de plus petite taille (notamment Freycinet) continuent de jouer un rôle important dans la flotte fluviale, sans compter qu’ils représentent un investissement plus facilement accessible à un nouvel arrivant dans la profession.

 

5/ Quelques bateaux inscrits à la CNBA :




* Source : Voies navigables de France - www.vnf.fr